Séraphine de SenlisMusée Maillol, Paris1er octobre 2008-5 janvier 2009Le Musée Maillol à Paris expose 17 oeuvres de Séraphine de Senlis, peintre illuminée
A l'occasion de la sortie du film de Martin Provost, qui raconte la vie tragique de Séraphine Louis, dite Séraphine de Senlis (1864-1942), le Musée Maillol (jusquau 5 janvier), qui en possède huit, a décidé de montrer ses oeuvres "habitées".
Enfant d'une fille de ferme, Séraphine est placée très jeune comme femmpe de ménage dans un couvent de Senlis, puis chez une famille bourgeoise. A ses rares moments de liberté, elle se promène dans la nature, plonge ses mains dans l'eau glacée des rivières, à la tombée de la nuit, ou grimpe aux arbres. Un jour à 42 ans, Séraphine dont la foi chrétienne tourne au mysticisme, entend une voix qui lui "commande" de peindre. Cette fameuse nécessité intérieure dont parlait Kandinsky à propos de tout artiste gagné par le vrai désir de création. Autodidacte, elle fait elle-même les couleurs dont elle garde le secret.
Un jour de 1932, son destin bifurque brutalement. Du fait de ses extravagances de plus en plus fréquentes, les gendarmes la conduisent à lasile psychiatrique. Là, elle renonce à peindre à jamais. Elle mourra oubliée au cours de la dernière guerre. Mais ses peintures sont demeurées, uvres uniques dune artiste qui se disait elle-même « sans rivale ».
Au débur du XXe siècle, rares sont les femmes à trouver leur place dans lart.Et celles qui y parviennent sont souvent jugées « scandaleuses ». Soumises à lautorité masculine, on attend avant tout des femmes quelles soient des épouses et des mères. Rappelons quau tournant des siècles XIXe et XXe, seules six femmes constituent, avec Séraphine, le « contingent » français dartistes peintres féminines ayant marqué lhistoire de lart : Berthe Morisot, Mary Cassatt, Marie Laurencin, Suzanne Valadon, Sonia Delaunay et Tamara de Lempicka.