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Camille Claudel

Rétrospective Camille Claudel
Musée Rodin, 79, rue de Varenne, Paris
Du 15 avril au 20 juillet

« Le Musée Rodin propose de regarder l'oeuvre de Camille Claudel (1864-1943) au-delà de son histoire personnelle dramatique.
Une rétrospective en 90 oeuvres de la sculptrice, qui couvre à peu près toute sa production, est présentée selon un parcours chronologique.
Les organisateurs ont voulu jeter un regard nouveau sur celle qu'on associe toujours à son histoire avec Auguste Rodin et à sa fin de vie tragique en hôpital psychiatrique.
Il s'agit de voir Camille Claudel telle qu'en elle-même, à travers son itinéraire artistique et ses recherches personnelles, fondés non seulement sur l'émotion mais aussi sur une intense réflexion. De la replacer dans les mouvements artistiques de son temps.
Evidemment, il serait "stupide" d'ignorer l'influence de Rodin sur le travail comme sur la vie de la jeune femme, mais l'exposition, veut  "apporter de nouvelles pistes", montrer une artiste "de son temps, influencée  par les courants artistiques comme le Japonisme ou l'Art nouveau".
« Je travaille maintenant pour moi », écrit Camille quand elle quitte Rodin. Les années qui suivent sont des années d’intense créativité. Elle travaille à des portraits d’enfants, avec la Petite châtelaine, visage intense tiré vers le haut, gorge en tension.
A l’inverse, avec Clotho, elle travaille sur un corps de vieille femme, ainsi que sur la chevelure.
Autre grande œuvre de Camille Claudel, Sakountala figure un couple, lui a genoux et elle debout, abandonnée, la tête posée sur celle de son amant. Le thème a été choisi dans la mythologie indienne. Elle en crée plusieurs versions, changeant d’univers avec Vertumne et Pomone, en référence à Ovide, ou plus simplement l’Abandon, faisant ainsi évoluer le sens de l’oeuvre.
La comparant au Baiser de Rodin, Paul Claudel écrira que dans cette œuvre de sa sœur, « l’esprit est tout, l’homme à genoux, il n’est que désir, le visage levé, aspire, étreint avant qu’il n’ose le saisir, cet être merveilleux, cette chair sacrée (…) » (préface au catalogue de l’exposition Camille Claudel organisée au Musée Rodin en 1951).
Camille Claudel était curieuse de la vie ordinaire, une préoccupation qu’on retrouve dans les petites œuvres des dernières années, Profonde pensée ou Rêve au coin du feu, figure féminine solitaire. Elle réalise une série de Causeuses, où trois femmes,  tendues vers une quatrième, l'écoutent parler.
On sait, d’après ses lettres, qu’elle voulait créer quelque chose de nouveau, « un art qui n’a jamais été connu sur terre ». Elle cherche à rendre l’expression d’états d’âme particuliers, disant chercher « non plus des passions universelles, (mais) un sentiment, un état ou une intention propres à un individu singulier, placé dans une situation elle aussi singulière ».
Après des débuts naturalistes, elle se tourne vers le modernisme de Rodin. Mais plus tard, elle veut se démarquer de son maître. A partir de 1894-1895, elle s’intéresse à l’Art nouveau, avec La Valse et sa dernière version de la Petite Châtelaine. Elle participe au Salon de l’Art nouveau en 1896.

L’art de Camille Claudel a aussi été influencé par le japonisme, une influence qu’on trouve dans La Vague, inspirée d’une estampe de Hokusai. Elle s’est encore distinguée en taillant l’onyx, un matériau difficile.
Ses dernières œuvres semblent fermer une boucle. Elle réalise un dernier portrait de son frère. Dans sa Niobide blessée, tête lâchée sur le bras, l’autre posé sur sa poitrine transpercée d’une flèche, elle réutilise la tête de Sakountala.
Camille Claudel a rompu définitivement avec Rodin en 1898. A partir de 1905, elle ne crée plus. Elle s’enferme de plus en plus dans son atelier du quai Bourbon. Après la mort de son père, en 1913, sa famille la fait interner à Ville-Evrard. L’année suivante, elle est transférée à l’Asile public d’aliénés de Montdevergues, dans le Vaucluse, où elle passera trente ans, loin des siens. Elle meurt en 1943. »





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